À L’occasion de la sortie du film Voyage au centre de la terre
, l'acteur Brendan Fraser s’exprime au sujet du cinéma 3D dans le journal Métro :
Une chose est sûre : c’est ici pour rester. Est-ce que tous les films devraient être faits en 3D? Bien sûr que non. Je ne voudrais jamais voir une version 3D de La liste de Schindler.
Je trouve son exemple d’autant mieux choisi que La liste de Schindler
- bien que filmé en couleur - a été diffusé en salles en noir et blanc. À terme, le choix de faire ou non un film en 3D deviendrait-il un choix artistique au même titre que choisir entre la couleur et le noir et blanc ? Le choix du noir et blanc dans le film de Spielberg n’est pas qu’un choix esthétique, il indique que ce que l’on voit fait partie de l’histoire comme un témoignage du passé. Le film débute et se termine par des scènes en couleur qui fonctionnent comme des parenthèses, ce qui renvoie aussi à la notion de parenthèse de l’histoire. Janusz Kaminski le directeur photo a déclaré vouloir donner un côté intemporel au film. Choix artistique donc, mais pas seulement car la question essentielle qui en ressort est : Peut-on filmer l’horreur en couleur ? Spielberg lui, – malgré la scène controversée des douches - ne souhaitait pas magnifier les évènements. En ce sens le noir et blanc apporte aussi une neutralité et vient poser une certaine distanciation par rapport à l'image.
Bref, aujourd'hui on pourrait en plus se poser légitimement la question : Peut-on filmer l’horreur en 3D ? Auschwitz, en Imax 3D comme si vous y étiez... C’est désormais une question que devront se poser les futurs réalisateurs.