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dimanche 22 avril 2007

Aux petits oignons

Je suis globalement satisfait du résultat d'aujourd'hui :

  • À 18% et quelques, c'est une victoire personnelle pour Bayrou et peut-être une victoire pour la France : Un nouveau parti centriste est né, on verra ce que ça donnera d'ici le 2e tour et aux législatives mais peut-être désormais l'opposition se trouve plus du côté du centre que de la gauche (ou de la droite en cas de défaite de Sarkozy) ;
  • Près de 30% pour Nicolas Sarkozy c'est énorme et 4 points d'écart avec Ségolène Royal c'est beaucoup. Contrairement à ce qu'on aurait été tenté de croire, le taux de participation a été favorable au candidat UMP ;
  • Aujourd'hui les Français se sont exprimés en masse avec un taux de participation historique ;
  • Le Pen a fait sa campagne de trop... curieux de voir comment le FN rebondira après lui maintenant. Il faut croire aussi qu'il est allé trop loin sur le finish avec son acharnement sur les grands-parents hongrois de Sarkozy qui d'ailleurs a réussi à convaincre une partie de son électorat. Je suis convaincu que c'est une bonne chose ;
  • Ça fait mal pour les petits partis, le vote utile a été dévastateur et pas sûr qu'il se révèle si utile que ça au final ;
  • Besancenot est bien placé pour reprendre la lead à l'extrême gauche : configuration intéressante dans le sens où le PS ne séduit plus vraiment, les électeurs ont clairement montré leur volonté de voir de nouvelles têtes. Le monde change, le paysage politique français doit changer ;
  • Une victoire pour Ségolène Royal donc qui accède au second tour et un échec pour le PS qui peine à convaincre et ne fédère pas comme il le devrait : l'équipe en place devrait sérieusement se remettre en question voire laisser sa place (Hollande, Lang, Fabius...).

Évidemment tout n'est pas joué, les électeurs de Le Pen et surtout Bayrou feront la différence. Il reste aussi 2 semaines et on parle d'un débat le mercredi 2 Mai. En attendant moi qui souhaitais un 2nd tour Bayrou/Sarkozy je suis satisfait. En ayant voté Bayrou je suis donc en phase avec 18% de mes concitoyens auxquels on peut ajouter les 30% du candidat UMP. Finalement je suis en phase avec près d'1 français sur 2, c'est plutôt pas mal.

jeudi 19 avril 2007

Vers un parti d'extrême centre ?

Pour la gauche il ne fait aucun de doute que François Bayrou est de droite. Nicolas Sarkozy préfère s'en amuser pour mieux décrédibiliser son dangereux adversaire, pour lui François Bayrou est une girouette : il est tantôt à gauche, tantôt à droite... comme ça l'arrange en somme. Les supporters de François Bayrou eux n'hésitent pas parfois à affirmer que le candidat UDF est plus à gauche que la candidate PS. Le paysage politique français est tel que l'on doit pouvoir se définir sur un axe unique (d'où le clivage gauche/droite). Pratique en temps de campagne car ça permet de retrancher facilement l'adversaire, l'exercice est néanmoins périlleux : sur un axe unique on ne définit sa position que par rapport à la position des autres situés sur le même axe.

Ainsi Bayrou qui se voudrait au centre n'a pas pas d'autre choix que de se définir par rapport aux partis de droite et de gauche : Si Ségolène Royal est repoussée vers la droite, Bayrou n'a pas d'autre choix que de suivre la marche à droite et inversement si Bayrou veux exister à gauche il faudrait alors que la candidate veuille bien suivre le mouvement... Problème : à gauche de la candidate PS il y a déjà du monde qui demande aussi à exister alors qu'à droite il y a deux gros ténors qui sont biens où ils sont.

Si dessous, je me suis livré à un petit exercice, j'ai tenté de matérialiser notre paysage politique actuel rendu à une dimension unique :

Clivage gauche/droite en 1 dimensions

J'avoue ne pas savoir où placer Nihous et Schivardi, de toutes façons sur ce modèle il n'y pas de place pour ceux qui ne peuvent se situer clairement par rapport aux autres (c'est sûrement le gros problème des verts !). Pour exister et ne pas servir uniquement de zone tampon - même si ça l'arrange aussi - il faudrait que François Bayrou puisse s'extraire de cet axe unique (c'est ce que j'appelle l'extrême centre = ne pas penser sur une dimension unique). Faire ça reviendrait à matérialiser le paysage politique avec un nouveau modèle. Prenons par exemple un modèle à 2 dimensions avec 2 axes donc.

Ci-dessous je me suis donc amusé à placer nos candidats sur un modèle en 2d. J'ai conservé 2 axes gauche/droite... Pourquoi ? Parce que si on prend le programme et les idées d'un candidat comme Le Pen qui est le candidat d'extrême droite on constate, dans certains domaines, des similitudes avec certains candidats d'extrême gauche. Évidemment tout ça est très subjectif...

Clivage gauche/droite en 2 dimension

On pourrait pousser plus loin et positionner les candidats dans un modèle en 3D, ce qui nous donnerait 8 cubes de part et d'autre des axes, comme j'ai fait ci-dessous. Ce qui serait intéressant c'est de voir dans quel cube se trouve chaque candidat. Bon, j'ai pas eu le courage de placer les candidats sur ce modèle.

Clivage gauche/droite en 3 dimensions

L'idéal serait de pouvoir dégager une thématique pour chaque axe : Emploi / Éducation / Santé / etc. Par contre là on se retrouverait vite limité. En fait plus exactement, il faudrait autant de dimensions que de thématiques mais là j'ai bien peur que la lecture du modèle n'en soit que plus compliquée. Sur ce point la dimension unique est de loin la plus facile d'accès et la plus simple à lire pour ne pas dire simpliste. Pas étonnant dès lors qu'il soit si difficile de sortir du modèle gauche/droite à dimension unique. Think outside the box...

lundi 9 avril 2007

La faute à Sarkozy ?

Je voulais revenir sur les événements survenus à la Gare du Nord (voir sur le site de LCI) il y a une dizaine de jours car au journal télévisé de France 2 j'ai vu José Bové en campagne dans les banlieues déclarer que ces événements étaient sans précédents en France, sous entendu évidemment que Nicolas Sarkozy en serait le principal responsable.

Pourtant en lisant le déroulement de ce qui s'était passé, je n'ai pu m'empêcher de penser à des événements similaires survenus dans le quartier des Halles il y a près de 15 ans. Ces faits m'avaient marqué à l'époque car j'étais jeune collégien et le quartier des Halles étaient un quartier où j'allais traîner parfois le week-end. Les faits : basiquement, un contrôle de police qui dégénère et tourne à l'émeute.

Après une rapide recherche sur Google, je suis donc tombé sur cet article de L'Humanité qui date de Septembre 1993 et dont voici trois extraits très significatifs :

Des riverains ont dénoncé « l’attitude provocatrice » et « la brutale répression » des « cow-boys » de la police, des CRS molestant indistinctement manifestants et badauds. « Ils ont frappé à coups de matraque un riverain qui ne faisait que passer et une toute petite jeune fille assise sur une marche a reçu trois coups au visage. C’est pour se venger des incidents du PSG », a affirmé le serveur d’un restaurant.

Deux syndicats de police ont réagi, hier, aux évènements. L’Union des syndicats catégoriels réfute l’intention de riposte aux événements du Parc des Princes et dénonce les « violences » envers les policiers, dans un communiqué. Elle réclame des « sanctions exemplaires », les policiers ne devant pas être les « exutoires de notre société ».

Le Syndicat général de la police (majoritaire), pour sa part, rappelle aux autorités « les risques éventuels d’explosion à Paris comme en banlieue. Les interventions deviennent de plus en plus délicates, notamment dans la mission d’ordre public ». Il demande donc l’organisation de la police autour d’un « super-préfet régional » pour avoir « une vision globale du problème ».

Brutalités policières d'une part et une police dont le travail est quotidiennement remis en cause d'autre part (voir cet autre fait divers récent)... Une réalité malheureusement quotidienne, pour ne pas dire banale et surtout tristement d'actualité mais ... qui ne date pas d'hier.

Alors que Bové semble ne faire campagne que dans les banlieues, Le Pen lui se rend à Argenteuil là où même le candidat de l'UMP n'oserait plus aller (sic)... Chacun y va de sa défiance envers l'ancien ministre de l'intérieur car visiblement c'est dans les banlieues que doit se jouer cette campagne. Et la police dans tout ça ? Celle qui se plaint de ne pas pouvoir faire son travail correctement, quelqu'un se soucie d'eux ? non. À ce jour je n'ai vu aucun candidat se rendre dans les commissariats afin de constater la réalité du travail quotidien de notre police nationale, après tout ce ne sont que des fonctionnaires et ne font que ce qu'on leur dit de faire.

Shame on you, à vous tous qui ne faites que diviser et attiser le feu trop content de l'aubaine, alors que vous devriez jouer la carte du rassemblement et de la réconciliation, aller tous ensemble dans la même direction : celle de l'apaisement et du dialogue. Mais non ! Vous avez jugé qu'il était préférable de descendre un homme que vous avez nommé comme bouc émissaire... coûte que coûte et au mépris de la raison.

Soit, ne venez pas vous plaindre lorsqu'il s'agira de recoller les pots cassés au lendemain des élections, il sera trop tard !

mercredi 14 février 2007

Le scandale du vote utile

21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen, candidat pour le front-national accède au second tour de l'élection présidentielle.

L'opinion public nationale et internationale s'émeut et se scandalise : Rendez-vous compte, un candidat de l'extrême droite parvient au second tour des élections présidentielles en France ! Comment, un pays comme la France porteur de valeurs républicaines et démocrates souvent érigé en exemple voir en modèle a pu en arriver là ?

Le Les coupables semblaient tout trouvé : Les électeurs ? Un peu... Les candidats ? Peut-être... Les petits candidats ? Sûrement !

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jeudi 8 février 2007

Vases communiquants

À chaque jour sa polémique, période pré-électorale oblige, l'actualité politique est plutôt chargée en ce moment. Si Jean-Marie Le Pen se fait discret dans les médias, son ombre plane pourtant au dessus de ces élections tel un couperet qui menace de s'abattre à tout moment.

Je vous ai parlé récemment des enjeux qui entourent le candidat FN, certains évènement survenus ces derniers jours me poussent à y revenir :

  • La visite de Nicolas Sarkozy à Rungis à la rencontre de “la France qui se lève tôt” (sic) durant laquelle on y voit le candidat en campagne échanger des mots avec des sympathisants Front National et leur dire en substance que Le Pen n'apportera pas de solution à leurs problèmes (comprendre que lui le peut) ;
  • L'entrée en campagne de José Bové qui fait de Nicolas Sarkozy son principal adversaire (“M. Sarkozy est un homme dangereux pour notre pays” sic) et déclare faire le maximum pour barrer la route du ministre de l'intérieur ;
  • L'émission de ce lundi soir sur TF1 consacrée à Nicolas Sarkozy et durant laquelle il a regrettablement évoqué certains clichés (les moutons qu'on égorge et l'excision entre autres) au sujet de l'immigration.

Si on peut comprendre que d'un point de vue électoral, Nicolas Sarkozy soit plus menaçant qu'un Jean-Marie Le Pen, il est intéressant de noter que José Bové fait de Nicolas Sarkozy l'homme à abattre. Ainsi on ne combat plus des idées, ni une idéologie, mais un homme.

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