Il y des films qui ne se révèlent qu'après avoir vu la fin... ou du moins les dernières minutes. The Assassination of Jesse James...
(voir preview) fait partie de ceux-là : long, lent avec très peu d'action le film est même terriblement ennuyeux parfois. Et pourtant, alors que la plupart des films perdent de l'intérêt à mesure que le film avance, ici c'est l'inverse qui se produit, l'intérêt va crescendo jusqu'à l'assassinat tant attendu ponctué par un épilogue quasi onirique qui, là aussi, n'en finit pas de se terminer et assoit définitivement la légende du célèbre gangster parmi les mythes de notre monde moderne.

Casey Affleck y interprète à la perfection un jeune Ford enivré par le mythe de son idole, enrageant de sa propre veulerie et y trouvant le courage d'un acte qui, plutôt que de le grandir, le condamne à rejouer sur les tréteaux l'infamie de son propre rôle (Le Monde).
Finalement, que Brad Pitt soit bon ou pas on s'en fiche, il est suffisamment charismatique pour interpréter Jesse James au point qu'on se demanderait même qui d'autre aurait pu l'interpréter. À ses côtés Casey Affleck est aussi idéal dans le rôle du coward Robert Ford, petit être en apparence fragile, fasciné par son mentor.

La réalisation d'Andrew Dominik quant à elle est servie par une magnifique musique de Nick Cave (qui par ailleurs apparait en caméo lors de l'épilogue) et de non moins magnifiques cadres. Image léchée, esthétique poussée, sens du détail, le réalisateur néo zélandais cite même Terrence Malick et ses Moissons du Ciel
avec cette main qui caresse les blés rendue célèbre par le Gladiator
de Ridley Scott.
Et puis il y a cette scène envoûtante de l'attaque du train au début du film - le seul braquage que l'on verra - par Jesse James et son gang qui laisse apparaitre les braqueurs comme des silhouettes fantômatiques.

Parvenu à la place mythique d'un bandit d'honneur, d'un Robin des bois confédéré punissant les spoliateurs nordistes, s'attaquant à l'inhumanité de l'ère industrielle (représentée exemplairement par le chemin de fer), il sera l'emblème d'une conception populiste qui verra longtemps en lui un rebelle en guerre contre l'Etat fédéral. (Jean-François Rauger - Le Monde)
Le recours aux flashback et aux élipses donne un côté intemporel à l'histoire, dommage toutefois que la voix-off (justifiée par le côté légendaire du récit) se fasse parfois inutile, voire pire, redondante par rapport à ce que l'on peut voir à l'image.
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