Ne lisez surtout pas le résumé d'Allociné, non seulement il donne une mauvaise idée du film, mais en plus il en raconte beaucoup trop.

Retour gagant

En effet, The Wrestler c'est l'anti-Rocky Balboa, ou l'histoire misérable d'un individu misérable au destin et à l'existence misérables, star éternelle d'un sport misérable (le catch). Bienvenue dans l'Amérique d'en bas, celle des vrais gens dont on se demande si leur vie n'est, au fond, pas plus misérable que celle(s) de la star (des stars) qu'ils adulent. À ce titre, la scène où le héros/star Randy - très justement interprété par Mickey Rourke - participe à une séance d'autographes en compagnie d'anciens catcheurs est effrayante.

Plus sérieusement, l'histoire est émouvante et touchante et si le film paraît quelque peu anecdotique il ne l'est en fait pas du tout. La mise en scène intimiste - caméra à l'épaule façon frères Dardenne dans Rosetta - permet de coller au plus près du personnage, c'est qu'il est attachant en plus le Mickey Rourke (ce qui n'était pas gagné d'avance vu le personnage qu'il interprète)... mais pas seulement, car il est aussi taillé pour le rôle avec son physique ravagé, sa carrière de boxeur et sa tentative de comeback. Oui on pourrait y voir une belle mise en abyme. Marisa Tomei, quant à elle s'embellit et se dévêtit au fur et à mesure qu'elle prend de l'âge, c'est parfait comme ça.

Le film se termine juste là où il faut et nous offre une très belle fin.

Sortie France, le 18 février 2009.