Sur les réalisateurs hong-kongais

Vous êtes le premier à avoir fait venir à Hollywood les Hongkongais.
Oui, John Woo, Tsui Hark, Ringo Lam. On ne peut pas dire qu’ils m’aient beaucoup remercié, hein ? Le travail que vient de faire Mabrouk pour moi, j’appelle cela une fleur : un script enfin écrit, de l’acting, j’attendais ça de leur part, les maîtres de Hongkong. Qui systématiquement le donnaient à d’autres.

Je pense que ça vaut surtout pour John Woo et dans un moindre mesure Tsui Hark. En même temps quand on voit la carrière US de Woo on se dit qu'il a du lui même gérer ses propres problèmes avec les studios... la question du final cut semble être très sensible pour lui, et il apparement il n'a jamais eu le final cut à Hollywood. Et puis quand Tsui Hark retourne tourner à Hong Kong, Woo s'enlise dans des séries B SF de luxe avec un casting douteux (Paycheck avec Ben Affleck et Uma Thurman). La différence entre les 2 réalisateurs hongkongais provient surement de leur attachement à l'amérique, Woo a toujours été fasciné par le rêve américain et notamment la figure emblématique du cow-boy.

Sur Mabrouk El Mechri le réalisteur de JCVD

J’avais perdu une certaine confiance dans le cinéma. Imagine un champion. Tyson. Il monte sur le ring. Prend un K.O. S’entraîne à nouveau  ; reprend un K.O. Et encore un K.O. Au bout d’un moment, il se dit « j’ai tout perdu ». Là, quand la Gaumont m’a montré Virgil, le premier film de Mabrouk, je me suis excusé en sortant. Pourquoi vous venez me voir moi  ? Je suis à terre. Donnez des Daniel Auteuil ou des Depardieu à ce gamin, pas Van Damme, ce gosse mérite mieux que ça...

Derrière ces mots on sent l'humilité du mec littéralement cassé par la vie, cassé par ses succès et échecs. Quand on est déjà à terre on ne risque pas de tomber de haut alors que quand on a été au top la chute est d'autant plus rude.

Et en même temps lui donner un Auteuil ou un Depardieu aurait surement été la pire chose à faire.

Sur son rapport au travail

Mais j’étais surtout fatigué parce que je veux me mêler de tout. Exemple  : quand sort le premier Bloodsport, je constate qu’au découpage c’est nul, le montage ne met pas en valeur les mouvements. Je vais voir Menahem Golan (le producteur, ndlr), je commence à chialer, il me dit Ok, you cut at night. Je remonte le film la nuit. Et je lui dis, si ce truc est numéro 1 en France et en Malaisie, les deux pays qui l’avaient acheté (via Samuel Hadida) je veux une page sur moi dans Variety. Le film fait numéro 1 en Malaisie, on y va, je fais des démonstrations dans la rue, je serre cinq mille mains, j’attrape un rhume, mais le film fait numéro 1. Au retour à Los Angeles, Menahem sort ma version. Je suis un perfectionniste. Et ça, ça épuise.

Le mec qui se donne à fond quoi...

Bottom line

Je préfère quand libé nous pond des entrevues vraies et intéressantes comme celle-là plutôt que lorsqu'ils racontent des conneries qui ne font que flatter leur lectorat et leur anticonformisme conformiste.