La magie ne prend pas, le couple Indy/Marion ne fonctionne plus et - ça c'est un comble pour un film de ce calibre - le côté famille réunie qui fouille dans des temples remplis d'or a malheureusement été déjà vu il y a quelques mois dans Benjamin Gates (voir review). Et justement, le truc c'est que depuis La Dernière Croisade, Hollywood nous a offert deux franchises d'aventure plutôt honnêtes : La Momie et Benjamin Gates. Comme on ne peut pas ré-inventer la roue (surtout 18 ans après), le choix assumé de faire un film à l'ancienne parait judicieux, et même si Lucas et Spielberg semblent s'être amusés comme des enfants, cela ne fait malheureusement que renforcer l'impression d'un film qui se tourne constamment vers son passé ou son passif ou encore au passé tout court : non seulement il y a le contexte (le trip American Graffiti pour Lucas Vs le trip Rencontre du 3e ET pour Spielberg) mais en plus entre l'inévitable arche d'alliance et les multiples hommages à Marcus, les références aux aventures précédentes sont d'une lourdeur... . De plus, ayant toujours considéré les personnages féminins dans la série au même titre que les girls de James bond, je trouvais que le simple fait de ramener l'héroïne du premier épisode pour en faire la mère du fils n'était pas un bon choix, c'est dire si le projet partait déjà avec de sérieux handicaps. Et tout ça pour cette horripilante séquence finale largement dispensable, que je vous laisse le soin de découvrir pas vous-même...

Sinon j'aime bien le début en terre américaine, le trip Roswell dans la zone 51, le contexte politique aussi avec la guerre froide et l'ennemi rouge est aussi très bien vu ainsi que la légende du Colonel Jones - agent des services secrets. De son côté Cate Blanchett fait une bonne méchante je trouve, mais encore une fois sa fin rappellera trop la fin de l'Arche Perdue, cela dit le personnage est très bon, contrairement aux autres personnages masculins sans grand intérêt qui font ce qu'ils peuvent autour d'un Harrison Ford poussif. Reste le fils d'Indiana Jones, Henry Jones Jr the 3rd, alias Mutt, dont le seul intérêt est de nous offrir quelques scènes succulentes dans l'Amérique des années 50 à l'aube des sixties : On pense aussitôt à American Graffiti, Grease ou encore The Outsiders (de l'ami-voisin vigneron Francis Ford Coppola), sûr que les deux vieux barbus se sont bien amusés sur le tournage.

Le trip des extra-terrestres ne m'a pas particulièrement dérangé, c'est plus son traitement que j'ai trouvé too much, mais en même temps c'était hyper tendu et risqué comme sujet à la base... et puis la conclusion, le véritable trésor c'est le savoir, entre Mutt qui fait toujours référence à l'appellation professeur envers Jones, et Jones qui insiste lourdement sur le fait que l'autre n'ait pas fini l'école... c'est quoi ce délire ?

Et puis aussi, c'est quoi ce délire avec les marmottes au début ? (horrible CGI dès la première image du film au passage).

Bref, un film décevant qui fourmille de bonnes choses, de bonnes idées mais pénalisé par - je pense - de mauvais choix et un scénario pousssif dont le développement et le dénouement sont trop laborieux. J'aurais à la limite préféré qu'on fasse du fils le personnage principal et qu'Indiana Jones soit moins présent, ce qui aurait permis de mettre plus d'emphase sur la légende.