Bref toute ces conneries m'ont fait penser à la violence dans œuvres de fiction, puis je me suis souvenu que ça fait presque 2 ans que j'ai enregistré The Warriors de Water Hill sur le cable et qu'il est toujours là sur le disque dur de mon PVR. J'ai jamais vu ce film, c'est honteux et le plus honteux c'est que je l'ai à portée de main depuis tout ce temps. Ça mérite de se refaire le trailer :

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The Warriors trailer

The Warriors est sorti au cinéma en 1979. Aujourd'hui rien n'a changé, que ce soit dans les rues/cités ou dans les salons feutrés où l'on débat du film, de sa portée et de sa supposée bêtise/dangerosité ou encore son manque de morale. Face à des évèments que l'on ne comprend pas et que l'on ne maitrise pas, c'est un peu toujours la même rengaine (voir le phénomène GTA IV), il faut un bouc-émissaire. La TV, le cinéma, les jeux vidéos et internet aujourd'hui ou encore la musique à une certaine époque sont des coupables idéaux.

Qui de l'œuf ou de la poule ?

Toujours le même débats. Prenons l'exemple de GTA sorti cette semaine : lorsque la télévision fait un sujet sur un jeux vidéo à succès et de surcroit violent elle le fait sous l'angle drogués des jeux vidéos, violence dans les jeux vidéos, etc... il fut un temps ou c'était les crises d'épilepsie. Vu cette semaine au journal de France 2 (chaine du service public) : un ancien addict des jeux vidéo raconte sa descente enfers (au passage il s'agissait d'un reportage recyclé datant de 2007, c'est dire la considération pour le sujet), ensuite le psy de service intervient. Classique, mais tellement cliché. Pourquoi ne pas avoir traité le sujet sous l'angle de l'information ? Je veux dire la vraie, celle où on ne prend pas le spectateur pour un con, où on explique que GTA est un jeu bourré de références, d'ironie et 2nd degrés, une information dans laquelle on parlerait de création en rendant hommage aux créateurs du jeu ou bien pourquoi pas parler du business. Mais non, on est à la TV il faut faire peur.

Le problême est là et le cercle est vicieux... très vicieux : une émission de TV mets en garde légitimement son public contre la dangerosité d'un jeu vidéo. Ce faisant elle joue le jeu de la politique de la peur. Exactement ce que l'on reproche au droit de savoir et TF1 au sujet des banlieues. Concrètement on a un medium qui en accusant et en poitant du doigt se rend lui même responsable. La pire étant que l'on est tellement abreuvé de ces images que lorsqu'on voit un vidéoclip comme celui de Romain Gavras qui a priori n'a pourtant rien à voir avec TF1 et charles villeneuve et encoure moins avec le FN, certains ne peuvent s'empêcher de faire le rapprochement. Dans son film Bowling for Columbine, même si manipulateur, Michael Moore décrit bien le phénomène et les mécanisme de la peur. Mieux : il tombe lui même dans son propre piège.

Remarquez que je ne blâme pas la TV, non, je blâme les gens... ceux qui y travaillent et qui la font, de l'annonceur au diffuseur, du chargé de production au journaliste, tous coupables. Chacun son bouc émissaire après tout, moi le mien c'est le con, le con en général et il est partout.


À propos de The Warriors, Tony Scott préparerait actuellement un remake adapté à notre époque. Pour l'occasion l'histoire se déroulerait à Los Angeles... je suis assez curieux de voir comment on peut traiter un tel sujet en 2008 alors que le cinéma nous a abreuvé de films sur les gangs de rue dans les années 90 (Colors, Boys'n The Hood, Menace 2 Society, etc.) et que le TV nous a offert des monuments télévisuels comme The Shield ou Oz.

Celà dit Romain Gavras avec son - très bon - clip nous a montré qu'on pouvait encore en rajouter sur le sujet (les blousons noir dans le clip ne rappellent-ils pas furieusement les gang de The Warriors ?).