La tragédie des studios
Par Mox Folder le lundi, novembre 19 2007, 17:01 - Cinéma, TV, Médias - Lien permanent
Tant que les différents intervenants de l'industrie du disque parleront de vols en évoquant le téléchargement sur internet ils ne feront que prouver une fois de plus leur manque de clairvoyance sur le sujet. Et c'est bien là que ce situe le drame, récemment Jean Louis Murat s'est lui aussi pris les pieds dedans et on appréciera la métaphore :
Chaque nuit, dans les hangars de la musique, la moitié du stock est volé. Imaginez la réaction de Renault face à des délinquants qui forceraient la porte quotidiennement pour dérober les voitures !
La moitié des stocks
, rien que ça ! Et oui c'est bien là que ce situe le cœur problème : peut-on appliquer le même modèle de pensée aux modes de distributions classiques et virtuels ? On entend souvent l'argument que X millions de téléchargements = X millions de vols alors que bizarrement on n'entendait peu voir jamais parler de vol avant l'avènement d'Internet.
Le phénomène de vol dans l'industrie du disque serait donc un phénomène nouveau et relativement récent ? Évidemment non, des voleurs il y en a toujours eu et il y en aura toujours, mais il semble que les professionnels du disque n'aient pris la mesure que lorsqu'ils se sont aperçu qu'ils allaient devoir en partager les couts et conséquences.
Cela ne date pas d'Internet, les studios ont commencés à s'emmêler les pieds lorsqu'ils se sont rendus compte qu'on pouvait copier des CD sans pertes de données. Prenant peur de la copie en masse ils ont commencé à intégrer des procédés anti-copie, ce qui s'est avéré non seulement inutile, mais à double tranchant : ça n'a empêché ni la copie, ni la prolifération des fichiers numériques (MP3) et en plus ils on écopé d'un déficit d'image très difficile à rattraper encore actuellement. Aujourd'hui, avec Internet et les plateformes légales de téléchargements, la protection anti-copie des CD n'a plus de raisons d'être. N' ayant visiblement pas retenu la leçon, les studios - avec la complicité des plateformes de distributions en ligne - se sont donc efforcé à faire appliquer les mêmes procédés restrictifs qui portent le doux nom de DRM (Digital Right Management).
Mais revenons sur l'analogie téléchargement=vol : Lorsqu'un CD est volé c'est au revendeur d'en assurer le cout, le studio s'en fiche, le CD est déjà rentré dans ses comptes... au revendeur de se démerder et de trouver des solutions. Internet n'a fait que remettre les choses à plat et ré-équilibrer la balance : le vol de musique, donc le téléchargement non légal, est directement imputable dans les comptes du studio (sur chaque morceau vendu une part revient au vendeur et une part revient aux ayant droits, il n'y a pas de stocks à gérer il n'y que de la compta). Avec la baisse des ventes de CD, les studios se rendent comptent qu'ils ne pourront plus faire payer les autres.
Mais peut-ont réellement affirmer que télécharger = voler ? Une étude récente à démontré que les gens qui téléchargent le plus étaient aussi les gens qui achetaient le plus de CD. Ce qui parrait logique au fond...
Il semble néanmoins que certains exécutifs, comme le président de Warner, entendent la voix de la sagesse :
And of course we were wrong. How were we wrong? By standing still or moving at a glacial pace, we inadvertently went to war with consumers by denying them what they wanted and could otherwise find and as a result of course, consumers won.
Je ne serais toutefois pas totalement en accord avec ces deux derniers mots, tant que les DRM existeront je ne pense pas qu'on puisse affirmer que les consommateurs ont gagné (en disant cela il fait comme Michael Eisner et tente de se faire plaindre en jouant le malheureux, mais ça prend pas) , disons simplement que le rapport a de force a évolué et que grace à Internet et aux nouveaux modèles de distribution le consommateur a désormais plus de moyens de se faire entendre.
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