Moi qui suis un grand fan de New Jack City j'avais déjà pu noter quelques similitudes en voyant la BA d'American Gangster. En effet, alors que le film de Mario Van Peebles se veut être la version black de Scarface je suis maintenant à peu près sûr, après avoir vu American Gangster, qu'ils se sont inspirés de Frank Lucas pour le personnage de Nino Brown dans New Jack City, voire même pour le scénario dans sa globalité. Pour mémoire, New Jack City évoquait l'ascension et la déchéance d'un petit chef de gang devenu grand à Harlem sur fond de trafic de crack.

American Gangster - Denzel Washington, Josh Brolin

Bref, Denzel Washington est terrifiant, Crowe dans le rôle de Richie Roberts le flic incorruptible m'a moins impressionné mais je trouve aussi le personnage moins intéressant et moins charismatique. Par contre Josh Brolin (à droite sur la photo ci-dessous) qui incarne un pourri pris entre deux feux a réussi à capter toute mon attention en seulement quelques scènes comparativement aux deux autres. Chacune de ses apparitions est magistrale, comme le souligne la critique de Ain't It Cool :

But I think my favorite supported part in this film goes to the man of the year Josh Brolin as the most corrupt cop in a city full of them. And his is one of the few characters who seems equally threatening to both sides of this movie. He slithers between Lucas and Roberts like a well-oiled lizard, and we somehow know that he will be dealt with in good time.

Les 2h40 passent relativement bien et par dessus tout ,ce que j'ai apprécié c'est le message politique dilué tout au long du film : même parmi les gangsters, le noir doit rester à sa place... à l'arrière du bus ou dans la rue mais sûrement pas à la tête du crime organisé. Message confirmé lors d'un sublime face à face - attendu - autour d'un café entre Crowe et Washington, la suite sera malheureusement plus convenue et plus (trop ?) légère puis on se dit finalement que le titre American Gangster est alors bien ironique... Le film se conclu sur une chanson de Public Enemy (Can't Truss It qui date de 1991 par ailleurs, détail non anodin). Et puis évidemment il y aussi l'omniprésence de la guerre du Vietnam en toile de fond.

Un futur classique.