American Gangster (Ridley Scott, 2007)
Par Mox Folder le mardi, novembre 6 2007, 13:09 - Cinéma, TV, Médias - Lien permanent
Après une escapade en Provence (A Good Year) aux frais de la production, Ridley Scott revient au (presque) meilleur de sa forme avec un film potentiellement oscarisable qui semble faire l'unanimité des critiques comme Gladiator
l'avait fait en son temps (je vois bien une nomination pour Denzel Washington et peut-être pour Russell Crowe, ainsi que pour meilleur réalisateur, meilleur film et meilleure adaptation).
American Gangster
raconte l'histoire vraie de Frank Lucas, un noir américain, à la tête de la pègre New Yorkaise au début des années 70.
Moi qui suis un grand fan de New Jack City
j'avais déjà pu noter quelques similitudes en voyant la BA d'American Gangster
. En effet, alors que le film de Mario Van Peebles se veut être la version black de Scarface
je suis maintenant à peu près sûr, après avoir vu American Gangster
, qu'ils se sont inspirés de Frank Lucas pour le personnage de Nino Brown dans New Jack City
, voire même pour le scénario dans sa globalité. Pour mémoire, New Jack City
évoquait l'ascension et la déchéance d'un petit chef de gang devenu grand à Harlem sur fond de trafic de crack.

Bref, Denzel Washington est terrifiant, Crowe dans le rôle de Richie Roberts le flic incorruptible m'a moins impressionné mais je trouve aussi le personnage moins intéressant et moins charismatique. Par contre Josh Brolin (à droite sur la photo ci-dessous) qui incarne un pourri pris entre deux feux a réussi à capter toute mon attention en seulement quelques scènes comparativement aux deux autres. Chacune de ses apparitions est magistrale, comme le souligne la critique de Ain't It Cool :
But I think my favorite supported part in this film goes to the man of the year Josh Brolin as the most corrupt cop in a city full of them. And his is one of the few characters who seems equally threatening to both sides of this movie. He slithers between Lucas and Roberts like a well-oiled lizard, and we somehow know that he will be dealt with in good time.
Les 2h40 passent relativement bien et par dessus tout ,ce que j'ai apprécié c'est le message politique dilué tout au long du film : même parmi les gangsters, le noir doit rester à sa place... à l'arrière du bus ou dans la rue mais sûrement pas à la tête du crime organisé. Message confirmé lors d'un sublime face à face - attendu - autour d'un café entre Crowe et Washington, la suite sera malheureusement plus convenue et plus (trop ?) légère puis on se dit finalement que le titre American Gangster
est alors bien ironique... Le film se conclu sur une chanson de Public Enemy (Can't Truss It
qui date de 1991 par ailleurs, détail non anodin). Et puis évidemment il y aussi l'omniprésence de la guerre du Vietnam en toile de fond.
Un futur classique.

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