Superbad poster

Prenez par exemple les films de Cédric Klapish, L'auberge espagnole ou Le Péril Jeune. C'est bien, c'est marrant tout ça mais ça me parle pas ! Désolé, mais les histoires d'étudiants en collocation ou qui fument des pètes pour se défoncer la gueule par ce que trop dure la vie, je ne me reconnais pas là dedans. Ouais, moi je suis de la génération Nintendo... et tout ce qui s'en suit. Cela dit le point commun entre Klapish et les lascars cités ci-dessus c'est l'authenticité. Les gars racontent des histoires avec leur vécu, leur cœur, leur tripes, c'est leur univers à eux. Ça se voit, ça se ressent, le style est différent certes mais y a de la nostalgie et de l'amour dans leurs films.

Extrait de ma critique que vous pouvez lire intégralement sur Showbizz.net :

D'une durée d'1h54, le film est un tantinet long, toutefois on ne s'ennuie pas ou très peu malgré des scènes quelques fois un peu trop bavardes. Les gags fusent et font mouche à tous les coups, le langage est cru, ça parle de sexe et ça jure à chaque ligne de dialogue et enfin on n'échappe pas à la scène trash et gore à l'image du sperme dans la bière dans American Pie. D'ailleurs le développement et l'enchaînement de ce gag rappellent toujours American Pie, ce qui quelque part peut être vu comme un manque d'originalité ou au contraire un gage de qualité. Attention toutefois la classification R-Rated réserve le film à un public averti.

J'en parle brièvement dans ma critique pour Showbizz.net, mais je vois pas mal de points communs entre Superbad et American Graffiti un des premiers films de George Lucas le réalisateur de Star Wars (ça vous le savez sûrement déjà, mais ce que vous ne savez pas c'est que dans Superbad il y a une scène qui fait référence à Star Wars). Tout d'abord la majeure partie de l'action des 2 films se passe en une soirée, ensuite dans les deux films il est question d'amitié et les deux héros meilleurs amis sont à la veille de partir à l'université, enfin il est aussi question de séduction et de flirt. Le film de Lucas est plus mental, plus psychique, les héros se posent des questions sur leur avenir incertain alors que Superbad est plus cash, plus trash bien sûr et fait peut-être plus appel à notre cerveau reptilien... c'est surement la période qui veut ça, plus de 30 ans séparent les deux films, et à l'époque la société était aussi en proie au doute (libération des mœurs, période peace and love, le Vietnam, la guerre froide, bref une période plus propice aussi à l'intellectualisation). Entre temps, Lucas a fait Star Wars et a beaucoup contribué à ce qu'on nomme la sous-culture. Sous-culture dont sont justement abreuvés les auteurs de Superbad... au royaume de la sous-culture les geeks sont rois : jeux-vidéos, comics, mangas, cinéma (mais pas n'importe lequel) et désormais internet (oui je pense que You tube, MySpace etc. font partie de la sous-culture).

Je vous invite à lire la définition anglaise du terme “subculture” sur wikipedia qui est plus développée que la française. Pour résumer on peut définir la sous-culture comme une culture underground... qui se passe sous le manteau, comme pour la cacher parce qu'on n'en est pas fier. Du moins elle l'était, car aujourd'hui avec les générations nées durant les années 70 et 80, les enfants de cette sous-culture deviennent adultes et redéfinissent les normes. Les prophètes de cette sous-culture sont Bill Gates, Steve Jobs mais ils ne sont que la partie visible de l'iceberg. Non seulement on n'a plus honte d'affirmer notre geekitude, mais on la revendique avec une certaine fierté. Au diable ceux qui ne comprennent pas, de toutes façons ils sont trop vieux ou hors du coup.

Bref, tout ça pour dire que Superbad c'est de la balle, je me suis reconnu à fond dans le film et je conseille fortement d'aller voir la film si tout ce j'ai écrit ci-dessus vous dit quelque chose... Ah aussi, restez bien jusqu'au générique, il est bourré de références ciné-phalliques (dans le genre qu'on peut voir dans l'extrait dont je parlais dans ce billet).

Dans le même genre, si vous en avez l'occasion je vous invite à vous intéresser à un autre film différent mais qui parle des mêmes sujets avec nostalgie : Hangin' With The Homeboys de Joseph B. Vasquez (voir billet), aussi autobiographique le réalisateur y évoque sa jeunesse dans le Bronx au travers d'une virée entre potes un vendredi soir. Un film qui a aussi énormément de points communs avec American Graffiti.