Vous avez surement entendu parler des publicités Dolce & Gabbana qui ont récemment défrayé la chronique en Italie et en Espagne et dont certains bloggueurs se sont récemment fait l'écho (ici et notamment). Sous la pression, Dolce & Gabbana a donc décidé de retirer les visuels. Voici, ci-dessous, l'un des visuels en cause :

Dolce & Gabbana print ad

Cette histoire nous renvoie directement aux débats récurrents sur l'influence des médias et particulièrement les jeux vidéos et le cinéma qui se retrouvent souvent incriminés lors d'affaires de violence difficilement compréhensibles de prime abord, mais pas seulement. J'ai l'impression que ces interdictions relèvent des mêmes mécanismes que l'interdiction du port du voile à l'école par exemple dont on entend régulièrement parler. En effet si le sexe et la violence sont des sujets tabous depuis longtemps, dans nos sociétés modernes la religion l’est tout autant. J'en suis arrivé à la conclusion que tout ce qui se vise à interdire, masquer, cacher ces signes extérieurs sous prétexte de protéger l’intégrité des personnes ne vise en fait qu’a ne pas offenser d’autres personnes.

De la même manière qu'on peut se sentir offensé devant une image qui nous envoie un message à caractère sexuel ou violent, aujourd'hui beaucoup de personnes se sentent offensées face à des signes religieux. Plus ces signes sont ostentatoires et plus on se sent offensé : le voile, le turban, la kippa, etc... Dans les cas les plus extrêmes certains considèrent cela comme de la provocation.

L'exemple récent du hijab lors d'un match de foot à Laval illustre bien le problème. L'argument principal - et imparable - avancé par ceux qui voudraient faire interdire ces articles religieux est l'argument de la sécurité. Allons donc ! J'avais déjà vu un cas similaire auparavant, toujours à Montréal, dans lequel un sikh conducteur d'engin refusait de mettre un casque de chantier à cause de son turban. La direction avait procédé à une mise à pied prétextant qu'il ne respectait pas le règlement et qu'il mettait sa vie potentiellement en danger. Oui mais voilà, quelques semaines plus tard, autre fait divers : j'apprends qu'un témoin de Jehovah est mort après avoir refusé une perfusion sanguine. La conviction religieuse l'a donc remporté sur la non-assistance à personne en danger... Par conre lorsqu'une personne peut potentiellement avoir un accident, là on n'hésite pas en remettre en cause les convictions religieuses. Deux poids, deux mesures. On aurait tendance à parler de racisme, mais je ne pense pas qu'il s'agisse de ça.

La vérité c'est qu'il y a souvent beaucoup d'hypocrisie dans ces débats là : on n'interdit pas les signes religieux ostentatoires pour protéger l'intégrité des personnes, mais bel et bien pour ne pas offenser d'autres personnes.