Dexter (Showtime)

Avec “Ugly Betty”, “Dexter” est à mon sens la série la plus rafraichissante de cette rentrée. Dexter - interprété par Michael C. Hall, le David de “6 Feet Under” - est un talentueux médecin légiste spécialisé dans l'analyses des effusions sanguines de scènes de crimes. Oui mais voilà Dexter à une particularité, il est aussi un serial killer... ce qui, ma fois, est plutôt pratique quand on est médecin légiste. Je m'arrête là sur la descritption car il vaut mieux découvrir le reste par soit même (notamment au sujet de la relation entre Dexter et son père).

Dexter

Ça fait plaisir de retrouver Michael C. Hall dans un rôle finalement pas si différent. Le concept est original et je trouve ça beaucoup mieux réussi qu'un “American Psycho” où le personnage narrateur nous apparaît comme antipathique et on éprouve alors pour lui aucun attachement. À cet égard, dans “Dexter”, la voix off du narrateur est parfaitement justifiée, car Dexter en plus d'être un tueur est extrêmement sympathique. Coté casting on retrouve aussi plusieurs acteurs de la série “Oz”.

Dexter

Heroes (NBC)

“Heroes�? surfe sur la vague “X-Men�? déjà abordée par “The 4400�? : L'évolution du génome humain fait naître chez certaines personnes des pouvoirs hors du commun.

Heroes

Y a de belles références, ça plaira sûrement aux fans de comics et aux geeks ... quoi qu'un peu trop emballé dans une production familiale grand public sans âme. L'originalité vient des pouvoirs et des personnages : L'équivalent de Wolverine se trouve être une adolescente ... cheerleaders alors qu'un autre prévoit le futur en peignant sous l'influence de produit pas très légaux. On sait déjà qu'une catastrophe va se produire et qu'ils sont là pour l'arrêter ... Je suis pas convaincu mais je lui donne sa chance, cela dit ça manque de singularité.

Jericho (CBS)

“Si la montagne ne vient pas à toi alors tu iras à la montagne”... Tout le monde connaît le proverbe et il semble que les producteurs de CBS le connaissent aussi. En effet, surfant sur la vague de “Lost” et ses événement mystérieux - tantôt surnaturels et tantôt on ne peut plus terre à terre, la situation d'isolement de Jericho est l'exact inverse de Lost. Le pitch : Jake retourne dans sa ville natale du Kansas qui porte le nom de Jericho. On ne sait pas grand chose de Jake, tout juste qu'il s'est absenté, on ne sait pas pourquoi... on sait juste que son père est le maire de Jericho et que celui-ci est en conflit avec son fils. Au moment de repartir vers San Diego, Jake voit de sa voiture, un immense champignon atomique à l'horizon. Aussitôt la ville de Jericho se retrouve isolée du reste du monde : perdu en plein désert, la ville n'a plus d'électricité, plus de téléphone et ne reçoit ni la télé ni la radio. C'est le black-out total. On sait que la ville de Denver au Colorado aurait été touchée. Attaque terroriste ? Guerre mondiale ? Invasion extra-terrestre ? Accident ? L'inquiétude règne et peu à peu la panique prend place. Peu avant la fin de ce premier épisode, on apprendra qu'Atlanta aurait aussi été touché. Évidement, pour corser les épisodes suivants, on apprendra aussi qu'un convoi de prisonniers qui passait pas loin de Jericho est retrouvé à moitié vide, certains prisonniers s'étant échappés.

Jericho

Un premier épisode très ambitieux et qui tiens beaucoup de promesse... Même si vu l'horaire - 20h - et le network - CBS - , il s'agit évidemment d'une série tout public et familiale, on espère que les producteurs et scénaristes sauront tenir ces promesses. Ce qui n'est pas gagné d'avance. Au niveau distribution on retrouve Skeet Ulrich, aperçu dans “Scream”, dans le rôle du héros Jake et Gerald McRaney le vilain de la saison de 3 de “Deadwood” et un des frères Simons de la série “Simon & Simons” dans le rôle du maire. Une série à suivre donc. :: Site officiel

Justice (Fox)

L'exemple typique de la bonne idée sur le papier qui ne passe pas à l'écran. “Justice�? c'est un peu l'envers du miroir d'un “CSI” : en effet, on y suit des avocats de la défense qui tentent d'innocenter leurs clients en détruisant une par une les thèses de l'accusation et donc par extension des CSI. C'est produit par Jerry Bruckeimer, le producteur de “CSI”, donc ça utilise les même artifices : une image léchées et stylisée et un montage frénétique qui ne laisse pas place à l'ennui. Ici l'histoire se passe à LA donc on ne risque pas d'y croiser Grissom ou Horatio... Bref, pourquoi ça ne passe pas à l'écran ? Ben tout simplement parce que connaissant la lenteur de la justice on a du mal à imaginer un procès torché en 3 coups de cuillères à pot, car c'est réellement ce qui se passe dans le film : un épisode = un procès. Tout va très vite, trop vite, c'est un peu comme si on regardait une saison entière d'une série en vitesse accélérée (imaginez une saison de “24” condensée en 40 min), on frise presque l'overdose.

Justice

L'épisode pilote reprenait quasiment exactement la même trame que l'excellent documentaire “Soupçons”, mais là où “Soupçons” tirait tout son intérêt sur la longueur (8x60min), “Justice” ne fait que survoler, effleurer tout ce qu'on a décortiqué avec terreur dans cet excellent documentaire Français.

C'est Victor Garber (le papa de Sydney dans “Alias”) qui interprète l'avocat en chef et c'est dommage pour lui, ça aurait pu lui faire un bon retour après l'arrêt d'Alias, d'autant qu'il était taillé pour ce rôle. On retrouve aussi Eamonn Walker, déjà aperçu en chef spirituel dans l'excellente série “Oz”.

Six Degrees (ABC)

“Six Degrees” est une série basée sur un principe cher à Robert Altman, à savoir le film choral ... ici ce serait plutôt la série choral. On a pu voir ce principe, au cinéma, récemment dans le film “Crash” ou plus récemment à la télé avec la série “Windfall”. À la différence prés que dans “Windfall”, tous les protagonistes étaient liés par un billet de loterie.

Six Degrees

En effet “Six Degrees”, s'inspire du principe des 6 degrés de séparation pour tisser sa trame : une poignée de personnages n'arrête pas de se (dé)croiser et pourtant rien ne les lie entre eux. Un principe qui a la mérite de nous offrir un narration qui laisse peu de place à l'ennui (on zappe rapidement d'un personnage à un autre) mais limité cependant par le manque d'intérêt de certaines histoires ou certains personnages... cela dit c'est plus égal que “Windfall”. Pas très palpitant mais divertissant, ça manque aussi de singularité.

Studio 60 on The Sunset Floor (NBC)

Par les créateurs de “The West Wing”, “Studio 60” est une série dense qui nous plonge dans les coulisses d'un show TV américain à la “Saturday Night Live”. Il est très intéressant de découvrir ce qui se passe de l'autre coté du miroir, les épisodes ne sont pas très palpitants et pourtant on ne s'ennuie pas une seconde : tout s'enchaine parfaitement à une vitesse sidérante. Le talent d'écriture des auteurs maintes fois récompensés pour “The West Wing” se fait sentir et du coup ça donne envie de me plonger dans les coulisses de la maison blanche. À noter que la chaine pseudo-fictive de la série s'appelle NBS (une variante de NBC le diffuseur), à ce propos certains détails sont croustillants : J'en veux pour preuve le 4e épisode où la directrice des programmes de NBS tente de débaucher un scénariste de HBO pour lui acheter sa série, on imagine facilement qu'il a pu se passer la même chose pour les auteurs à l'époque avant la production de “The West Wing”. Coté casting on retrouve Mathiew Perry de “Friends”.

Studio 60 On The Sunset Floor

The Class (CBS)

Vous vous souvenez de la chanson de Patrick Bruel “On s'était donnée rendez-vous dans 10 ans ...” ? Ben “The class” c'est ça. À la veille de son mariage, le futur marié décide de réunir tout ces copains de classe de l'école primaire. Précisons que c'est une sitcom, un peu bizarrement foutue d'ailleurs : en général dans une sitcom il y a des lieux communs, un certains coté vaudeville ici rien de tout ça, enfin par pour le moment. J'ai du mal à voir comment ça peut evoluer puis c'est très moyen je trouve, je vais continuer à regarder pour voir comment ça évolue.

The Nine (ABC)

Grosse déception ! De plus la série fait un flop niveau audience et ne bénéficie même pas de la locomotive “Lost”. “The Nine” raconte les répercutions post-trauma des victimes d'un braquages d'une banque. On découvre progressivement, par flashbacks, ce qui c'est passé durant les 50 heures du braquage. Une narration au compte goutte avec une mise en scène plutôt nerveuse. C'est pas très intéressant et assez banal contrairement à ce qu'on pourrait croire. Même pas sur que la première saison aille jusqu'au bout...

Til Death (Fox)

Alors ça, c'est pire que “The Class” : non seulement c'est moyennement drôle mais c'est surtout moyennement interessant. Il n'y a que 4 personnages, deux couples voisins : un couple de jeunes mariés et un couple mariés depuis une bonne vingtaine d'années. Ça perle du couple donc et des relations hommes/femmes. L'après Friends est dur à vivre... C'est dommage car on retrouvait l'acteur qui fait Finch (Pause caca) dans “American Pie”.

Ugly Betty (ABC)

Toujours au chapitre des coïncidences, “Ugly Betty” reprend plus ou moins la même trame – mais en version latino - que “Le Diable S'habille en Prada” dont le film est sorti récemment au cinéma. Betty vient d'être engagée comme l'assistante du patron d'un grand magazine de mode New-Yorkais. Particularité : Betty est d'origine hispanique, elle est grosse, a le sourcil touffu en bataille, porte un appareil dentaire énorme, de grosses lunettes, est très maldroite et ... ne sais pas s'habiller. Ouais Betty c'est une Pierre Richard portugaise avec des couettes...

Uglly Betty

Une satire au vitriole du monde de la mode, “Ugly Betty” vient nous rappeler qu'on manque vraiment de série de ce format qui adoptent le ton de la comédie ... on retrouve un peu la même joie et la même fraicheur que lors des premiers épisodes de “Ally Mc Beal” : c'est parfois tragique, parfois caustique, parfois outrancier dans la caricature mais c'est souvent drôle et juste. Je dirai que ça manque peut-être de profondeur dans les personnages secondaires : ou sont le cynisme d'un Richard Fish ou les bizarreries d'un John Cage ? Pour le moment la meilleure série de la rentrée selon moi.