Assault On Precinct 13
Publié le jeudi 18 janvier 2007 à 17:20 / Cinéma, TV, Médias / Lien permanent
Remake officieux du “Rio Bravo” d'Howard Hawks et plus connu sous le simple titre de “Assaut”, il y a déjà eu au moins deux remakes du film de John Carpenter : Un officiel et un officieux. L'officiel - “Assaut sur le central 13” - est un blockbuster de seconde zone sans saveur réalisé par un metteur en scène gaucho tendance marxiste et ex-futur nihiliste, j'ai nommé Jean-François Richet. L'officieux quant à lui - “Nid de Guêpes” - réalisé par Florent Emilio Siri est un vibrant hommage au film de Carpenter et au genre cinématographique du Western.

Malheureusement porté par une distribution douteuse (Sami Nacéri), “Nid de Guêpes” sera froidement accueilli par un public qui attendait probablement plus de jeunisme et de populisme à la “Taxi” alors que le film opte pour un ton résolument orienté 1er degré. On se consolera en se disant que le “Hostage” de Siri est meilleur que le “Assaut” de Richet sur bien des points.

Dans ce billet j'avais déjà abordé l'obsession de John Carpenter pour le mal. Si la notion de mal parmi nous et/ou en nous est un thème récurrent du maître de la série B, la notion de mal absolu en est un autre. En effet dans une interview où il expliquait sa vision, John Carpenter déclarait que souvent dans ses films le gentil s'alliait au méchant pour combattre le mal.
Ainsi dans “Assaut”, un criminel s'allie à un policier pour défendre un commissariat en proie à des assaillants sans visage. Dans “Ghosts of Mars” aussi, le détenu Ice Cube s'allie à son geôlier Natasha Henstridge afin de combattre une communauté martienne possédée par des esprits fantômes (réunion des 2 principaux thèmes récurrents de Carpenter).

Je me retrouve parfaitement dans ces deux thèmes qui viennent nuancer le concept manichéen du bien contre le mal : Il n'y pas d'un côté le bien et d'un côté le mal, il n'y a que le mal et tous les moyens sont bons pour en venir à bout.
Dans le paysage politique français, il est intéressant de voir la gauche et les humanistes de tout bord associés à certains médias désigner Nicolas Sarkozy comme étant l'ennemi à abattre et de l'assimiler systématiquement à Le Pen. À ce titre ce reportage d'Arrêt sur Images ainsi que l'échange verbal entre Nicolas Sarkozy et Mathieu Kassovitz par blogs interposés suite aux émeutes de 2005 sont édifiants. Le Pen qui a d'ailleurs bien compris le jeu se complait dans sa position de maître à penser de Sarkozy, sous entendu que l'élève ne surpassera pas le maître ou plus explicitement : Pourquoi opter pour la copie quand on peut avoir l'original ? Le pire étant qu'il en vient même à se poser en sauveur face à Sarkozy :
“Dans les cités, beaucoup ne supportent pas Sarkozy et on s'apprête à voter pour moi. Les jeunes ont plus peur de Sarkozy que de Le Pen”
En désignant Nicolas Sarkozy comme l'ennemi à combattre et à abattre, la gauche française et notamment le PS jouent un jeu très dangereux et ne font que conforter le borgne dans sa position, car ne nous y trompons pas : Le mal absolu dans cette affaire c'est Le Pen et le FN.
On se souviendra notamment que dans les années 80 Mitterrand s'était déjà servi de Le Pen et du FN pour contrer la droite et plus précisément Chirac. Bien lui aura en aura pris, il a été réélu. Mais en 2006, après ce qu'on a vécu aux dernières élections présidentielles (pour mémoire, Le Pen était parvenu au second tour face à Chirac) peut-on encore se permettre ce petit jeu là ?
La réalisateur américain le plus Rock'n Roll de sa génération a bien raison : le mal est en chacun de nous et l'envahisseur n'est pas forcément celui qu'on croit. Et comme je le concluais dans mon précédent billet : Il n'y a aucune raison que cela ne reproduise pas...