Vases communiquants
Par Mox Folder le jeudi, février 8 2007, 17:10 - Actualité - Lien permanent
À chaque jour sa polémique, période pré-électorale oblige, l'actualité politique est plutôt chargée en ce moment. Si Jean-Marie Le Pen se fait discret dans les médias, son ombre plane pourtant au dessus de ces élections tel un couperet qui menace de s'abattre à tout moment.
Je vous ai parlé récemment des enjeux qui entourent le candidat FN, certains évènement survenus ces derniers jours me poussent à y revenir :
- La visite de Nicolas Sarkozy à Rungis à la rencontre de “la France qui se lève tôt” (sic) durant laquelle on y voit le candidat en campagne échanger des mots avec des sympathisants Front National et leur dire en substance que Le Pen n'apportera pas de solution à leurs problèmes (comprendre que lui le peut) ;
- L'entrée en campagne de José Bové qui fait de Nicolas Sarkozy son principal adversaire (“M. Sarkozy est un homme dangereux pour notre pays” sic) et déclare faire le maximum pour barrer la route du ministre de l'intérieur ;
- L'émission de ce lundi soir sur TF1 consacrée à Nicolas Sarkozy et durant laquelle il a regrettablement évoqué certains clichés (les moutons qu'on égorge et l'excision entre autres) au sujet de l'immigration.
Si on peut comprendre que d'un point de vue électoral, Nicolas Sarkozy soit plus menaçant qu'un Jean-Marie Le Pen, il est intéressant de noter que José Bové fait de Nicolas Sarkozy l'homme à abattre. Ainsi on ne combat plus des idées, ni une idéologie, mais un homme.
D'un autre coté il est aussi évident que Nicolas Sarkozy cherche à séduire une partie de l'électorat FN, ou du moins une partie de l'électorat qui doute... Ceux qui ont permis à Jean-Marie Le Pen d'accéder au second tour de la présidentielle aux dernières élections.

Ceci dit étant dit, je me suis interrogé sur cet électorat FN. On accuse Sarkozy de naviguer sur les terres du FN pour séduire des électeurs potentiels, or cet électorat potentiel existe bel et bien physiquement, il n'est pas virtuel car il se traduit en vote dans les urnes.
Même si l'on repproche principalement la manière, il est considéré comme honteux de vouloir attirer cet électorat. J'y vois là un mépris le plus profond envers les électeurs, ces citoyens qui doutent (ou non) de leur choix. Certes on pourra rétorquer que Nicolas Sarkozy méprise tout autant les citoyens français avec son populisme savamment distillé lors de ses différentes interventions, mais qu'on ne s'y trompe pas : en retranchant Sarkozy au plus proche de l'extrémité de la droite, la gauche peut bénéficier des plus à gauche des électeurs de droite. On comprend ainsi que l'extrême gauche reproche le plus souvent au parti socialiste de naviguer sur les terres de la droite.
Au final il n'est pas sur que la tactique soit payante pour le PS, car entre la gauche et la droite il y a le centre porté par François Bayrou : Si Nicolas Sarkozy perd des voix à gauche, il en gagne aussi à droite et les voix qu'il aurait perdues ne tombent pas pour autant dans les poches du PS. Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, à l'heure actuelle le seul candidat qui semble profiter de cette bi-polarisation des élections est bel et bien François Bayrou.
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