The Good Shepherd (Robert De Niro - 2006)
Par Mox Folder le dimanche, janvier 7 2007, 21:13 - Cinéma, TV, Médias - Lien permanent
Edward Wilson believed in America, and he would sacrifice everything he loved to protect it.
Tel est la tagline du deuxième film de Robert De Niro après “A Bronx Tale” (''Il était une fois le Bronx''). Tout comme “A Bronx Tale” plantait son décor dans le milieu mafieux du Bronx, dans “The Good Shepherd” (le bon berger) le contexte historique de la guerre froide et de l'intelligence américaine ne sert que de prétexte à De Niro pour évoquer la figure paternelle omniprésente durant le film... Ce n'est donc pas juste un film sur les débuts de la CIA ... loin de là même, et c'est tout ce qui en fait son intérêt. De Niro se révèle être définitivement un très bon metteur en scène rempli d'humanité et... d'humilité.

Durant tout le film on suit le parcours d'Edward Wilson - interprèté Mat Damon - depuis la fin de ses études et son intégration dans la fameuse confrérie organisation secrète Skull and Bones jusqu'à son ascension au sein de la CIA, tournant ainsi les premières pages de la guerre froide. Durant toute ses années Wilson devra choisir entre servir son pays et préserver sa famille. Le film dure 2h45, De Niro prend son temps et même qu'au bout d'une heure on se prend à regarder sa montre et puis sans prévenir comme ça, le film repart de plus belle et on ne voit pas le temps passer.
Sinon, coté casting Joe Pesci a pris un sacré coup de vieux (cela dit on le voit moins d'une minute, mais son échange avec MatT Damon est énorme) et on est vraiment content pour Alec Baldwin qui a décidément bien su orienter sa carrière comme il faut... aprés ça, ça et ça on l'aurait pourtant cru fini et enterré ! Enfin Matt Damon est toujours impeccable de solitude dans un personnage qui ne le change finalement pas d'un “Bourne” ou du rôle qu'il a tenu récemment dans “The Departed”.
Sortie en France en Mars 2007.
Pour continuer l'analyse un peu plus loin cliquez sur lire la suite, mais attention dans ce qui suit il y aquelques révélations sur le film...
Dans “A Bronx Tale”, la notion de valeurs véhiculées par la figure paternelle et les choix qui en découlent avaient une certaine importance : le fils était partagé entre son vrai père (un honnête travailleur respecté de tout le quartier) et un "père adoptif" (un mafieux craint de tout le quartier). Dans “The Good Shepherd”, on suit un personnage qui a perdu son père étant tout jeune dont les derniers mots portaient sur l'honnêteté et le mensonge. Pourtant après la mort de son père ses premiers actes seront mensonge et dissimulation et toute sa vie sera un énorme mensonge. Enfin, dans “A Bronx Tale” le fils était aussi inévitablement attiré - contre les recommandation de son père - par le personnage de Chazz Palminteri qui incarnait le vice (mensonge et dissimulation, entre autre).
D'ailleurs, comme un pied de nez, le nom de code de Matt Damon dans le film est : Mother.
En allant plus loin on pourrait dire que la figure paternelle d'adoption de Matt Damon c'est son pays pour qui il se dévoue corps et âme alors que dans “A bronx Tale” Chazz Palminteri représenterait certaines valeurs de l'american way of life. Et dans un cas comme dans l'autre, il n'y aura au bout que déception, douleur et tristesse sans que ça remettre en cause sa dévotion envers son pays et/ou envers son père d'adoption... comme une sorte de résignation.
Enfin un dernier point : Derrière le titre “The Good Shepherd” (le bon berger) il y a la notion de patriarche au sens biblique. Ça nous renvoi directement au sacrifice évoquée dans la tagline citée au tout début de ce billet. Le boucle est ainsi bouclée.
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